Chakras et glandes endocrines : quel est le lien ?

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Depuis des milliers d’années, les yogis parlent de centres énergétiques puissants situés le long de notre axe central : les chakras. Ils les décrivent comme des lieux où l’énergie se concentre, circule et influence différentes dimensions de notre être — notre corps, nos émotions, notre vitalité, notre conscience.

À cette époque, personne ne parlait encore de thyroïde, d’œstrogènes, de mélatonine ou de dosage de TSH. 😄 La connaissance du corps était différente, mais les yogis avaient déjà développé toute une cartographie du corps énergétique.

Aujourd’hui, nous connaissons également le système endocrinien : cet ensemble de glandes qui produisent nos hormones et participent à une quantité impressionnante de fonctions dans notre organisme. Et ce qui est particulièrement intéressant dans la lecture yogique du corps, c’est que les principaux chakras sont associés aux grandes glandes endocrines.

Finalement, nous avons deux façons de lire le corps : l’une parle d’énergie, l’autre d’hormones. Regardons cela d’un peu plus près.

Muladhara — le chakra racine et les glandes surrénales

Muladhara est situé à la base de notre corps. C’est le chakra de l’ancrage, de la sécurité, de l’instinct de survie et de notre capacité à nous sentir suffisamment en sécurité pour être pleinement présente dans notre vie.

Il est traditionnellement associé aux glandes surrénales, qui produisent notamment l’adrénaline et le cortisol et participent à l’adaptation de notre organisme face aux différentes sollicitations. Ici, la correspondance n’est pas directement anatomique puisque les surrénales sont situées beaucoup plus haut, au-dessus des reins. Mais énergétiquement, le lien avec nos mécanismes de survie et de réaction devient très intéressant.

Svadhisthana — le chakra sacré et les ovaires

Avec Svadhisthana, nous arrivons au bassin, et évidemment à un centre essentiel dans le Yoga de la Femme®. Le deuxième chakra est associé à la sexualité, au plaisir, au désir, à la fluidité, à la créativité et à notre énergie féminine. Chez la femme, il est associé aux ovaires.

Et j’aimerais m’arrêter un instant ici, parce que nous avons pris l’habitude de parler des ovaires presque uniquement en relation avec la reproduction. Comme si ces deux petites glandes ne devenaient vraiment intéressantes que lorsque nous voulions avoir un bébé.

Pourtant, les ovaires sont aussi de puissantes glandes endocrines. Les hormones qu’ils produisent, notamment les œstrogènes et la progestérone, participent à de nombreux aspects de notre physiologie et de notre bien-être tout au long de la vie d’une femme.

Dans la lecture énergétique du yoga, cette fonction va encore plus loin. Svadhisthana est notre centre créateur. Et créer ne signifie pas seulement donner naissance à un enfant. Nous donnons naissance à des idées, des projets, des relations, des entreprises, des œuvres, de nouvelles directions dans notre vie. L’énergie reproductive et l’énergie créatrice viennent ici puiser à la même source.

Nos ovaires méritent donc un peu plus de considération que leur seule fonction « faire des bébés ».

Manipura — le plexus solaire, le pancréas et les surrénales

Manipura est notre centre du feu. Il est associé à la volonté, l’action, la transformation, la confiance et notre capacité à prendre notre place dans le monde.

Il est principalement associé au pancréas, qui joue notamment un rôle essentiel dans la régulation de la glycémie et dans la manière dont notre organisme utilise l’énergie. Dans certaines lectures énergétiques, les surrénales sont également reliées à Manipura, notamment par leur localisation et leur relation avec l’action et la mobilisation de nos ressources.

Oui, les surrénales viennent donc faire un petit tour dans deux chakras. Le corps énergétique n’a visiblement pas lu notre besoin très occidental de tout ranger parfaitement dans une seule case.

Anahata — le chakra du cœur et le thymus

Anahata est le centre du cœur : l’amour, l’ouverture, la compassion, la relation à soi et aux autres, notre capacité à donner mais aussi à recevoir. Il est associé au thymus, situé derrière le sternum.

Le thymus joue un rôle particulièrement important dans le développement de notre système immunitaire, notamment pendant l’enfance. Et j’aime beaucoup cette association : au centre de la poitrine, l’endroit que le yoga relie à l’ouverture et au lien est aussi une région importante pour nos défenses et notre équilibre physique.

Vishuddha — le chakra de la gorge, la thyroïde et les parathyroïdes

Ici, le rapprochement est presque impossible à manquer. Vishuddha se situe dans la région de la gorge et il est associé à la thyroïde ainsi qu’aux glandes parathyroïdes, qui se trouvent elles aussi dans cette région.

Le chakra de la gorge représente notre expression, notre communication, notre capacité à dire ce que nous ressentons, à poser notre vérité et à faire entendre notre voix. La thyroïde, elle, joue un rôle majeur dans la régulation du métabolisme et de nombreuses fonctions de notre organisme.

On parle beaucoup moins des parathyroïdes, quatre petites glandes généralement situées derrière la thyroïde. Elles jouent pourtant un rôle essentiel dans la régulation du calcium dans le sang et participent ainsi notamment au bon fonctionnement des os, des muscles et du système nerveux.

C’est un centre particulièrement intéressant chez les femmes, surtout lorsqu’on a appris pendant longtemps à être gentille, à ne pas déranger et parfois à avaler beaucoup de choses plutôt qu’à les dire.

Ajna — le troisième œil et la glande pinéale

Ajna est situé au niveau du troisième œil. Il est associé à l’épiphyse, également appelée glande pinéale.

Dans le yoga, Ajna est le centre de l’intuition, de la vision intérieure et de nos perceptions subtiles. C’est également le centre que l’on associe au développement de notre sensibilité énergétique, de notre capacité à percevoir au-delà de ce qui est immédiatement visible et, dans certaines traditions, à la médiumnité.

La glande pinéale, quant à elle, produit notamment la mélatonine et participe à la régulation de nos rythmes veille-sommeil. Une toute petite glande cachée au cœur du cerveau pour un chakra qui nous invite justement à regarder au-delà des apparences.

Sahasrara — le chakra couronne et l’hypophyse

Tout en haut se trouve Sahasrara, le chakra couronne. Il représente notre connexion à la conscience, au Divin et à quelque chose de plus vaste que notre identité individuelle.

Il est associé à l’hypophyse, également appelée glande pituitaire. Cette minuscule glande située à la base du cerveau intervient dans la régulation de plusieurs autres glandes endocrines et dans de nombreuses fonctions hormonales. On la présente d’ailleurs souvent comme le « chef d’orchestre » du système endocrinien, parce que les hormones qu’elle sécrète participent au contrôle de plusieurs autres glandes.

C’est une jolie image pour Sahasrara : un centre qui, dans la vision yogique, relie et dépasse l’ensemble du système, associé à une petite glande qui communique avec une grande partie de notre système endocrinien.

Quand nous stimulons les chakras, que se passe-t-il ?

C’est là que les choses deviennent particulièrement intéressantes dans la pratique du yoga. Lorsque nous activons un chakra à travers le mouvement, les postures, la respiration, les mudras, les sons ou la méditation, nous ne faisons pas simplement bouger des muscles et des articulations. Nous stimulons toute une région du corps, avec ses tissus, ses organes, son système nerveux et les glandes endocrines qui s’y trouvent ou qui lui sont associées.

Même lorsque notre intention première n’est donc pas de stimuler directement une glande endocrine, la pratique autour des centres énergétiques implique aussi le corps physique. Dans la vision du yoga, le corps physique et le corps énergétique ne sont pas deux mondes séparés.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les pratiques de Kundalini Yoga accordent autant d’importance aux chakras et au système glandulaire.

Et dans le Yoga de la Femme® ?

Dans le Yoga de la Femme®, nous travaillons avec l’ensemble de ces centres énergétiques. Bien sûr, le bassin et Svadhisthana occupent une place importante dans mon travail avec les femmes, mais nous ne nous arrêtons certainement pas aux ovaires.

Selon les pratiques, nous allons stimuler davantage le bassin, le plexus solaire, le cœur, la gorge ou les centres supérieurs. Nous utilisons pour cela différentes postures, le mouvement, la respiration, les mudras, les sons, la méditation et d’autres techniques énergétiques.

C’est aussi pour cela que le Yoga de la Femme® ne se résume pas à un yoga « pour les hormones ». Les hormones font partie de l’histoire, mais la femme est beaucoup plus vaste que son taux d’œstrogènes ou de progestérone. Nous travaillons avec toute la femme : son corps, son énergie, ses émotions, sa conscience et cette intelligence extraordinaire qui relie tout cela.

Parce que dans le yoga, le corps n’est jamais seulement un corps. C’est aussi un espace où l’énergie, la conscience et la vie se rencontrent.

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