
Quand on nous parle des ovaires et de l’utérus, c’est presque toujours pour nous parler de reproduction. Les ovaires produisent des ovocytes, l’utérus accueille éventuellement un bébé, et entre les deux nous avons nos règles. Voilà, le dossier est classé. 😄
Et pourtant, dans les traditions énergétiques et dans la vision yogique du féminin, cette partie de notre corps raconte une histoire beaucoup plus vaste. Le bassin est un centre de vie, de plaisir, de sensualité, mais aussi de créativité et de transformation. Notre capacité à créer ne se limite certainement pas à notre capacité à procréer.
Les ovaires : pas seulement une histoire de bébés
Commençons par nos ovaires. Deux toutes petites glandes auxquelles nous pensons finalement assez peu, sauf lorsque nous voulons tomber enceinte, lorsque notre cycle nous pose problème ou lorsque nous approchons de la ménopause.
Pourtant, les ovaires sont aussi des glandes endocrines extrêmement importantes. Ils produisent notamment les œstrogènes et la progestérone, des hormones qui participent à de nombreuses fonctions de notre organisme et accompagnent la femme bien au-delà de sa seule fertilité.
Mais dans la lecture énergétique du corps féminin, les ovaires portent également une autre symbolique : celle de notre potentiel créateur.
Ils sont associés à Svadhisthana, le deuxième chakra, situé dans la région du bassin. C’est le centre de la sexualité, du plaisir, de la fluidité, du désir, mais aussi de la créativité. Et j’aime énormément cette association, parce qu’elle nous rappelle quelque chose que notre société a peut-être un peu oublié : l’énergie sexuelle et l’énergie créatrice appartiennent au même grand mouvement de vie.
Créer un enfant en est une expression extraordinaire. Mais ce n’est pas la seule.
Une femme peut donner naissance à un livre, une entreprise, une maison, une œuvre, une relation, un projet qui lui tient profondément à cœur. Elle peut créer une nouvelle manière de vivre, changer complètement de direction ou simplement faire émerger quelque chose qui n’existait pas auparavant.
Nos ovaires méritent donc un peu plus de considération que leur seule fonction « faire des bébés ».
L’utérus : notre matrice
Et puis il y a l’utérus.
Le mot matrice me paraît particulièrement beau pour parler de lui. Une matrice est un espace dans lequel quelque chose peut prendre forme. Et c’est exactement ce que fait l’utérus lorsqu’il accueille une grossesse : il reçoit, contient, nourrit, protège et laisse grandir avant de permettre la naissance.
Dans une lecture énergétique et symbolique du féminin, cette image peut aller beaucoup plus loin.
Nous avons toutes besoin d’une matrice intérieure pour créer.
Avant qu’un projet existe dans le monde, il existe quelque part en nous. Une intuition apparaît. Une idée commence à prendre forme. Parfois nous ne savons même pas encore exactement ce qu’elle va devenir. Elle a besoin de silence, de temps, d’attention. Elle grandit. Puis vient un moment où nous sommes prêtes à la mettre au monde.
Cela ressemble finalement beaucoup à une gestation.
Et non, il n’est pas nécessaire d’être enceinte pour que notre matrice ait une vie passionnante. 😄
Créer n’est pas seulement faire
Il y a ici quelque chose de particulièrement important pour nous, les femmes modernes.
Nous savons très bien faire. Organiser, décider, prévoir, produire, répondre aux messages, résoudre les problèmes, tenir notre travail, notre famille, nos projets et parfois la moitié de la planète avant le déjeuner.
La femme guerrière sait faire tout cela merveilleusement bien.
Mais la création féminine nous rappelle qu’avant de faire, il existe aussi une autre étape : recevoir.
L’utérus est justement un espace qui reçoit avant de créer. Symboliquement, il nous enseigne à faire de la place, à écouter, à laisser venir une intuition et à permettre à quelque chose de mûrir sans immédiatement lui demander d’être productif.
Toutes les graines n’ont pas besoin d’être déterrées chaque matin pour vérifier si elles poussent.
Parfois, créer demande précisément de ne rien pousser.
Le bassin comme centre créateur
C’est aussi pour cela que j’accorde autant d’importance au bassin dans mon travail avec les femmes.
Nous passons énormément de temps dans notre tête. Nous réfléchissons, analysons, contrôlons, anticipons. Toute notre énergie semble parfois avoir déménagé au-dessus des épaules.
Revenir dans le bassin change notre manière d’habiter notre corps. Bouger le bassin, respirer dans le bas-ventre, ressentir l’espace de l’utérus et des ovaires, remettre de la mobilité et de la conscience dans cette région nous invite à revenir vers une intelligence beaucoup plus corporelle.
Dans le Yoga de la Femme®, nous travaillons beaucoup avec Svadhisthana et avec cette énergie du bassin. Les mouvements circulaires, la respiration, certaines postures, les mudras, les sons et la méditation permettent de ramener notre attention vers cette partie de nous que nous avons parfois complètement oubliée.
Et quelque chose change lorsque nous cessons de considérer notre bassin uniquement comme un ensemble d’organes à surveiller et que nous commençons aussi à le ressentir comme un espace vivant de notre féminité.
Et après la ménopause ?
Cette question est essentielle, parce que si nous réduisons l’énergie des ovaires et de l’utérus à la fertilité, nous finissons presque inévitablement par transmettre aux femmes l’idée qu’après la ménopause quelque chose serait terminé.
Dans une vision énergétique du féminin, c’est tout le contraire.
La créativité ne disparaît pas avec l’ovulation. Notre capacité à imaginer, transmettre, aimer, désirer, transformer et donner naissance à de nouvelles choses ne possède évidemment pas de date de péremption.
Elle peut même changer de forme. L’énergie auparavant très liée aux rythmes reproductifs peut être vécue autrement : dans la création, la transmission, l’intuition, la spiritualité, les projets ou une nouvelle liberté dans la relation à soi.
Une femme ne cesse pas d’être créatrice parce que ses ovaires cessent progressivement d’ovuler.
Redonner une place à notre matrice
Je crois que nous avons besoin de réhabiliter cette partie de notre corps.
Pas uniquement lorsque nous voulons avoir un enfant. Pas uniquement lorsque nous avons mal. Pas uniquement lorsque nos hormones commencent à nous rappeler bruyamment leur existence.
Mais simplement parce que notre bassin fait partie de notre identité corporelle et énergétique de femme.
Poser les mains sur son bas-ventre. Respirer. Bouger son bassin. Sentir cette région de l’intérieur. Lui redonner de l’espace et de l’attention.
Et peut-être se rappeler de temps en temps que nous portons en nous une extraordinaire capacité de création.
Notre utérus et nos ovaires ne racontent pas seulement l’histoire des enfants que nous pouvons mettre au monde. Symboliquement, ils nous rappellent aussi toutes les vies, les idées, les projets et les transformations auxquels nous pouvons donner naissance.
