COMPRENDRE LES KLESHAS ET SORTIR DES SCHÉMAS NÉFASTES

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Si tu pratiques le yoga ou que tu t’intéresses un peu à la philosophie du yoga, tu as peut-être déjà entendu parler des kleshas. Derrière ce mot sanskrit un peu mystérieux se cache une clé précieuse pour comprendre pourquoi, parfois, tu tournes en rond dans des schémas qui te font souffrir, et comment commencer à t’en libérer.

Que sont les kleshas ?

Dans notre société, de nombreux facteurs de stress sont liés aux injonctions qui nous poussent à être toujours plus productif, plus rapide, plus fort… Mais au-delà de ces facteurs externes, il existe également des facteurs de stress internes qui n’ont pas changé au cours des siècles. 

C’est ce que Patanjali appelle les kleshas : les causes profondes de souffrance qui nous maintiennent dans l’illusion et nous empêchent d’atteindre la libération (Nirvana).

Ils sont comme des voiles qui obscurcissent notre vision de la réalité et nous enchaînent au cycle de la souffrance (Samsara). Ils influencent nos pensées, nos choix, nos réactions… souvent de manière totalement inconsciente. 

Il en existe cinq principaux : Avidya, Asmita, Raga, Dvesha et Abhinivesha.

Comment se manifestent les 5 kleshas ?

Avidya

Avidyā est l’ignorance fondamentale qui obscurcit notre vision de la réalité. C’est la racine de tous les autres kleshas. 

Ce n’est pas le fait de « ne pas savoir » au sens scolaire du terme. C’est plutôt l’illusion : elle nous pousse à nous identifier aux choses éphémères – notre corps, nos pensées, nos possessions – sans reconnaître leur nature impermanente. Cette ignorance nous conduit à la souffrance, car nous cherchons le bonheur dans ce qui, par essence, ne dure pas.

Asmita

Asmitā est l’identification excessive au « moi ». C’est une tendance naturelle à nous confondre avec notre mental, notre corps, nos émotions. Tu n’es pas tes pensées, tu n’es pas ton travail, tu n’es pas ton succès… mais souvent, sans t’en rendre compte, tu fonctionnes comme si c’était le cas.

Ce Klesha nourrit des sentiments comme la fierté, la jalousie et le désir de supériorité. Il nous fait croire que nous sommes séparés des autres, renforçant ainsi la dualité et l’individualisme. Il nous pousse à juger, à comparer et à chercher une validation extérieure constante. Cette illusion de séparation génère des conflits internes et externes.

Raga

Rāga représente le désir intense et l’attachement aux plaisirs sensoriels et matériels. Nous nous attachons aux expériences agréables, aux biens matériels, aux relations, espérant y trouver un bonheur durable.

Pourtant, tout est en perpétuel changement, et l’attachement à ce qui est impermanent finit par engendrer la souffrance. Lorsque nous ne pouvons pas obtenir ce que nous désirons, cela génère frustration, colère et insatisfaction.

Dvesha

À l’inverse de Rāga, Dvesha est le rejet des expériences désagréables. Nous repoussons ce qui nous cause de la douleur, évitons les situations inconfortables et nous laissons envahir par la colère et la peur. Ce Klesha crée un cycle de réactions négatives. L’évitement perpétuel des difficultés empêche l’évolution personnelle et maintient un état de souffrance.

Abhinivesha

Abhinivesha est l’attachement à la vie et la peur de la mort, profondément enraciné en chaque être humain. Il ne se limite pas à la crainte de la fin physique, mais englobe aussi la peur du changement, de l’inconnu et de la perte de ce qui nous sécurise. Cette peur peut nous empêcher d’évoluer et de nous abandonner au flux naturel de l’existence.

Comment s’en libérer ?

Tu l’auras compris : les kleshas sont partout. Bien sûr, ils ne sont pas « mauvais » en soi, ils font partie de l’expérience humaine. Mais à force de les laisser piloter ta vie en mode automatique, tu construis des schémas qui finissent par te rendre malheureux. 

La bonne nouvelle, c’est que tu peux apprendre à reconnaître ces kleshas à l’œuvre en toi… Et doucement commencer à t’en libérer.

Observer

La première clé, c’est l’observation. Ce n’est pas se critiquer, mais plutôt, remarquer : « Tiens, je sens que je m’accroche énormément à ce travail, cette promotion. Est-ce vraiment aligné avec qui je suis aujourd’hui ? ». Ou bien « Je vois que je rejette automatiquement tout ce qui ressemble de près ou de loin à une critique. » L’idée est d’amener de la conscience. Car ce que tu rends conscient, tu peux le transformer

Petit à petit, à force d’observer, tu commences à faire la différence entre ce qui est un réflexe conditionné et ce qui est profondément toi. Par exemple, tu peux sentir que ton envie de changer de travail n’est pas une « lubie » mais une intuition juste. 

Accepter l’impermanence

Une grande partie de notre souffrance vient du fait qu’on voudrait que les choses restent comme elles sont — que ce soit les relations, le travail, la santé… Mais tout change, tout évolue.

Accepter cette impermanence, non pas comme une fatalité mais comme un mouvement naturel de la vie, est une grande source de paix. Un petit exercice : chaque jour, choisis un détail de ta vie (un paysage, un moment agréable) et contemple-le en te rappelant qu’il est unique, éphémère… et que c’est justement pour ça qu’il est beau.

Cultiver la bienveillance 

Quand tu travailles sur les kleshas, il est essentiel de le faire avec beaucoup de douceur envers toi-même. Ces schémas sont anciens, parfois ancrés depuis ton enfance, ils ne peuvent pas disparaître en un claquement de doigts. Chaque pas compte, chaque prise de conscience est une victoire.

Comprendre les kleshas, ce n’est pas partir en guerre contre soi-même. C’est apprendre à mieux te connaître, à voir avec plus de lucidité ce qui se passe à l’intérieur, et à te donner les moyens de sortir peu à peu des cycles de souffrance inutiles. C’est un chemin d’évolution, de liberté intérieure. Et rappelle-toi : ce n’est pas parce qu’un klesha est présent qu’il a le dernier mot.

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