
La ménopause est souvent racontée comme une fin. Les ovaires cessent progressivement d’ovuler, les règles disparaissent et la période reproductive de la femme se termine. Biologiquement, c’est effectivement une transition majeure. Mais énergétiquement, j’aime regarder cette période d’une manière très différente : le féminin ne s’arrête pas de cycler simplement parce que les menstruations s’arrêtent.
L’utérus et les ovaires ne deviennent pas soudainement deux organes inutiles qui prennent tranquillement leur retraite. 😄 Leur fonctionnement physiologique se transforme, bien sûr, mais dans la lecture énergétique du corps féminin, le bassin reste un centre vivant, et notre énergie féminine continue elle aussi à bouger, à se transformer et à suivre ses propres rythmes.
La périménopause : une période de transformation
Avant la ménopause vient la périménopause, une transition qui peut durer plusieurs années. Les ovulations deviennent plus irrégulières, les taux d’œstrogènes et de progestérone fluctuent davantage et le cycle menstruel peut changer : devenir plus court, plus long, plus abondant ou parfois disparaître pendant plusieurs mois avant de revenir.
C’est une période pendant laquelle beaucoup de femmes ont l’impression que leur corps devient imprévisible. Pourtant, plutôt que de considérer cette transition uniquement comme une succession de symptômes à gérer, nous pouvons aussi la regarder comme un changement profond de rythme. Le corps commence progressivement à quitter le cycle reproductif tel que nous l’avons connu pendant plusieurs décennies, mais cela ne signifie pas que toute cyclicité disparaît avec lui.
Quand l’ovulation s’arrête
Après la ménopause, il n’y a plus d’ovulation mensuelle et l’activité hormonale des ovaires diminue fortement. Mais le cycle énergétique, lui, ne disparaît pas. Notre énergie continue à connaître des mouvements d’expansion et d’intériorisation, d’activité et de repos. Nous ne devenons pas linéaires simplement parce que nous ne saignons plus.
Pendant les années fertiles, le cycle menstruel nous donne des repères très visibles. Les menstruations arrivent, l’énergie remonte progressivement, l’ovulation marque un sommet, puis vient la phase prémenstruelle avant un nouveau cycle. Après la ménopause, ces marqueurs physiques disparaissent, mais nous pouvons continuer à observer nos propres mouvements intérieurs et les variations de notre énergie.
Certaines femmes ressentent naturellement des périodes où elles ont davantage envie d’aller vers le monde, de créer, de communiquer et d’agir, puis des moments où elles ont besoin de ralentir, de revenir vers elles-mêmes et de se ressourcer. Ces mouvements ne correspondent plus nécessairement à un calendrier ovarien précis. Ils peuvent devenir beaucoup plus personnels.
Le cycle change de langage
Lorsque les menstruations ne donnent plus de rythme visible, la Lune peut également devenir un repère symbolique intéressant. Nouvelle Lune, croissance, Pleine Lune, décroissance : ce cycle extérieur peut nous aider à continuer à observer nos propres mouvements d’expansion, d’ouverture, de ralentissement et d’intériorisation.
Le cycle ne disparaît donc pas nécessairement de notre expérience de femme. Il change de langage. Nous passons progressivement d’un rythme très visible, marqué par les menstruations et l’ovulation, à une cyclicité que nous pouvons apprendre à ressentir autrement.
Que deviennent les ovaires et l’utérus énergétiquement ?
C’est peut-être la partie que j’aime le plus transmettre aux femmes : ces organes ne perdent pas leur valeur parce que leur fonction reproductive change.
Les ovaires sont énergétiquement liés à Svadhisthana, le deuxième chakra, associé au bassin, à la créativité, au plaisir, à la sexualité et à l’énergie féminine. Cette énergie créatrice ne disparaît pas avec la dernière ovulation : elle se transforme.
Nous ne créons pas uniquement des enfants. Nous créons des projets, des relations, des œuvres, des entreprises, des transformations et de nouvelles versions de notre vie. Après la ménopause, cette puissance créatrice peut continuer à s’exprimer pleinement, simplement sous d’autres formes.
L’utérus reste lui aussi notre matrice symbolique, cet espace intérieur associé à la capacité de recevoir, de laisser mûrir, de transformer et finalement de donner forme à quelque chose. Le fait qu’il ne porte plus de cycle menstruel ne lui enlève pas cette dimension énergétique.
Une énergie qui ne disparaît pas, mais se transforme
Dans certaines traditions énergétiques, la période qui suit la ménopause est envisagée non pas comme une perte de puissance féminine, mais comme une transformation de cette puissance. L’énergie qui était auparavant fortement engagée dans la reproduction peut être investie autrement : dans la créativité, la transmission, l’intuition, la spiritualité ou simplement dans une relation plus profonde avec soi-même.
C’est aussi pour cela que dans le Yoga de la Femme®, nous continuons à bouger le bassin, à respirer dans le bas-ventre et à stimuler les ovaires et l’espace de l’utérus. Non pas pour essayer de faire revenir le corps à vingt ou trente ans, mais pour continuer à nourrir cette partie vivante de notre féminité.
La ménopause ne nous demande pas de revenir en arrière. Elle nous invite plutôt à découvrir une nouvelle manière d’habiter notre corps et notre cyclicité. Notre cycle hormonal reproductif possède un début et une fin, mais notre capacité à alterner entre expansion et intériorisation, action et repos, création et intégration nous accompagne bien au-delà.
Les ovaires peuvent cesser d’ovuler. L’utérus peut cesser de menstruer. Mais notre matrice intérieure, notre créativité et notre énergie féminine, elles, ne prennent pas leur retraite.
