
On parle beaucoup des œstrogènes, surtout à l’approche de la ménopause. On les accuse parfois de tous nos problèmes : prise de poids, sautes d’humeur, seins sensibles, sommeil perturbé… Finalement, on leur attribue beaucoup de responsabilités !
Pourtant, les œstrogènes sont de précieux alliés du corps féminin. Ils interviennent dans notre cycle menstruel, mais aussi dans la santé de nos os, de notre peau, de notre cerveau et même dans notre vie intime. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ils ne disparaissent pas complètement après la ménopause.
Alors, à quoi servent-ils exactement ? Et que se passe-t-il lorsqu’ils sont trop élevés ou trop bas ?
Les œstrogènes, bien plus que des hormones reproductives
Les œstrogènes constituent une famille d’hormones, dont la plus connue est l’estradiol. Pendant les années fertiles, ils sont principalement produits par les ovaires. D’autres tissus, notamment le tissu adipeux, participent également à leur production.
Leur première grande mission est de participer au cycle menstruel. Pendant la première partie du cycle, leur taux augmente progressivement et favorise l’épaississement de la muqueuse utérine, appelée endomètre. Ils participent également aux mécanismes qui déclenchent l’ovulation.
Mais leur influence va bien au-delà de l’utérus et des ovaires. Les œstrogènes contribuent à préserver la densité osseuse, à maintenir l’hydratation et l’élasticité de la peau, à soutenir la santé des tissus vaginaux et à participer au fonctionnement du cerveau.
Autrement dit, ils ne sont pas là uniquement pour nous permettre d’avoir des enfants. Ils accompagnent de nombreuses dimensions de notre vitalité féminine.
Quand les œstrogènes sont en pleine forme
Tu as peut-être remarqué qu’à certains moments de ton cycle, tu te sens particulièrement bien dans ta peau. Tu as davantage d’élan, tu te trouves plus rayonnante, tu as envie de sortir, de rencontrer du monde, de créer ou de séduire.
Cela arrive souvent pendant la phase folliculaire, lorsque les œstrogènes augmentent progressivement jusqu’à l’ovulation. Ils peuvent contribuer à cette sensation de dynamisme et de bien-être, même si notre énergie dépend évidemment de nombreux autres facteurs : sommeil, stress, alimentation et état émotionnel.
C’est aussi une belle illustration de notre nature cyclique. Nous ne sommes pas obligées de nous sentir exactement pareilles tous les jours. Notre corps possède ses propres variations, et apprendre à les reconnaître peut nous aider à mieux respecter notre rythme.
Quand les œstrogènes sont trop élevés
Avoir beaucoup d’œstrogènes n’est pas forcément un problème. Leur taux varie naturellement au cours du cycle et peut être particulièrement élevé juste avant l’ovulation.
En revanche, lorsqu’ils sont trop élevés dans un contexte donné, ou que leur action n’est pas suffisamment contrebalancée par la progestérone, certains signes peuvent apparaître : seins tendus, ballonnements, règles abondantes, sensibilité émotionnelle ou inconfort prémenstruel.
On entend souvent parler de « dominance œstrogénique ». Cette expression est populaire dans le monde du bien-être, mais elle ne correspond pas à un diagnostic médical précis. Des symptômes semblables peuvent avoir plusieurs origines.
Notre corps n’est pas une simple histoire de « bonnes » et de « mauvaises » hormones. Ce qui compte, c’est leur équilibre, leur évolution au cours du cycle et la manière dont elles interagissent.
Quand les œstrogènes diminuent
À l’approche de la ménopause, les choses deviennent parfois un peu plus mouvementées. Pendant la périménopause, les œstrogènes ne diminuent pas tranquillement en ligne droite : ils peuvent monter, descendre, puis remonter de manière assez imprévisible. Le corps semble parfois avoir décidé de changer les règles du jeu sans nous prévenir !
Ces fluctuations peuvent s’accompagner de cycles irréguliers, de seins sensibles, de troubles du sommeil, de bouffées de chaleur ou de changements d’humeur.
Après la ménopause, les taux d’œstrogènes restent généralement beaucoup plus bas. Certaines femmes ressentent alors une sécheresse vaginale, des modifications de la peau, des difficultés de sommeil ou une baisse du confort intime. À plus long terme, cette diminution contribue également à accélérer la perte de densité osseuse.
Mais chaque femme vit cette transition différemment. Certaines traversent cette période assez sereinement, tandis que d’autres rencontrent des symptômes plus marqués. Il n’existe pas une seule façon de vivre sa ménopause.
Comment prendre soin de son équilibre hormonal ?
La première chose est d’apprendre à écouter son corps sans chercher à contrôler chaque variation hormonale. Notre organisme n’est pas une machine qui doit afficher les mêmes chiffres tous les jours.
Bouger régulièrement, dormir suffisamment, manger de manière variée et prendre le temps de récupérer sont des habitudes précieuses pour notre santé hormonale. Dans le Yoga de la Femme®, les mouvements du bassin, les respirations et les pratiques douces nous permettent également de revenir vers nos sensations, de relâcher les tensions et de mieux accompagner les différentes périodes de notre vie.
Et lorsque les symptômes deviennent gênants, il est important d’en parler avec un professionnel de santé. Des règles très abondantes, des douleurs inhabituelles ou des saignements après la ménopause méritent notamment une consultation. Il existe aussi des solutions efficaces pour soulager les symptômes liés à la baisse des œstrogènes.
ACOG
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Nos œstrogènes ne sont ni nos ennemis ni une baguette magique de jeunesse éternelle. Ils font partie de cette merveilleuse organisation intérieure qui nous accompagne tout au long de notre vie. Et plutôt que de vouloir les maintenir toujours au même niveau, apprenons à comprendre leurs variations et à prendre soin de notre corps à chaque étape.
